22/08/2012

Effarouchée, peureuse, Michelle Martin? Non, manipulatrice!

michelle-martin[1].pngLe témoignage poignant d'une infirmière sociale écorne le profil de l'accusée. Marie-Claude Cordier a accueilli Frédéric Dutroux, 11 ans, à plusieurs reprises. Marie-Claude Cordier, infirmière sociale à Braine-l'Alleud, n'a pas raté sa vocation. Il suffit de l'entendre parler, avec coeur, intelligence et retenue à la fois, pour s'en convaincre. Elle rencontre la femme de Marc Dutroux à la maternité, en novembre 1993, à la naissance d'Andy. Michelle Martin lui explique qu'elle et ses enfants subissent les conséquences d'une erreur judiciaire suite à un mauvais procès - les graves faits de viols sur mineurs commis en 85-86 par Dutroux, avec sa complicité... Le 24 novembre 1995, Mme Martin accouche de Céline. L'infirmière sociale lui rend visite et la trouve «abattue et triste». En janvier 1996, Martin lui raconte ses ennuis: son mari est en prison; elle ne s'en sort pas avec ses trois enfants, dont le nouveau-né. L'infirmière ne voit pas de raison de remettre en question l'état de détresse psychologique dans lequel se trouve la femme de Dutroux. «À 10 ou 12 reprises, elle m'a demandé d'attester par écrit qu'elle n'allait pas bien», raconte le témoin. Ce document devait servir à Martin pour réclamer la libération de son mari. L'infirmière refuse: son employeur déconseille d'intervenir en justice pour les familles aidées. Mais Mme Cordier se coupe en quatre pour trouver des solutions. Intervention du CPAS, livraison de repas chauds, séjour dans un foyer pour femmes en difficultés, placement des deux petits... : Martin refuse toutes les propositions de l'infirmière. En mars 1996, Michelle Martin la recontacte: le mandat d'arrêt de Dutroux est confirmé; elle ne peut plus le supporter. L'accusée lui dit alors que son mari a exagéré, qu'il a dépassé les bornes, qu'elle veut divorcer mais qu'avant cela, «elle doit régler des choses avec lui et lui doit reprendre ses affaires». Le 8 mars, l'avocat de Dutroux appelle à son tour l'infirmière, insistant pour obtenir son attestation selon laquelle la famille est en détresse. L'infirmière cède. Le même jour, elle accueille chez elle, pour 48 heures, Frédéric, 11 ans, le fils aîné des Dutroux-Martin, très perturbé par la situation familiale. Le 20 mars 1996, jour où Dutroux est libéré, elle accepte de reprendre Frédéric chez elle, à la demande de Martin. «Maintenant qu'il est sorti, ça va encore pire qu'avant», lui confie l'enfant. Frédéric fait encore plusieurs séjours chez l'infirmière, qui le ramène à Sars, à la mi-avril. Martin et Dutroux se montrent très chaleureux, font tout pour la retenir à dîner. Mais elle s'en va. Le lendemain, l'infirmière doit prendre un jour de congé de maladie: elle se sent dans un état de nervosité extrême, comme aux aguets. Elle se rend chez une femme acupuncteur et lui raconte l' «épisode professionnel un peu lourd» qu'elle vient de vivre. En face, le médecin s'exclame: «Je connais les gens dont vous me parlez. Ils sont hyperdangereux. Ils essaient de faire de vous une amie». En d'autres termes: Dutroux et Martin tentent de vous manipuler... Archives La Libre. 

 

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