06/09/2012

Lettre de Monsieur Maxime Prévot, Bourgmestre, aux malonnois

IMG_4396 (Copier).JPGChers concitoyens malonnois,

 

Dès l’annonce de la potentielle libération conditionnelle de Michelle Martin et de sa venue à Malonne, ma préoccupation majeure a été le maintien de la sécurité et de la tranquillité publique dans ce quartier traditionnellement habitué au calme.Rapidement, diverses réunions ont été organisées pour gérer au mieux l’énorme émotion populaire bien compréhensible et tenter de définir les conséquences collatérales sur le terrain de cette possible décision (des réunions internes de travail, avec le Parquet, les forces de l’ordre locales et fédérales, la Maison de Justice, la Ministre de l’Intérieur… ; mais aussi une réunion d’information publique au Champ Ha). Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une décision judiciaire qui suscite des réactions en sens divers. Mais que nous sommes tous, vous comme moi, contraints d’assumer… Cette décision est issue d’un processus légal qui a été mis en place justement suite à l’affaire Dutroux. Je ne le rappelle pas pour le justifier, mais bien pour l’expliquer. J’ai pu personnellement, à plusieurs reprises, rencontrer les Sœurs Clarisses afin de les sensibiliser aux remous créés par leur décision, aux difficultés auxquelles elles allaient être exposées – ainsi que le village – et aux mesures de sécurité qu’elles devront elles-mêmes prendre à l’intérieur de leurs murs pour réduire les risques, sans jamais juger leur attitude (ce n’est pas mon rôle). A aucun moment, je n’ai senti le doute dans leur volonté d’accueillir Michelle Martin au sein de leur communauté. Elles ont visiblement pris leur décision en leur âme et conscience. Les rumeurs les plus folles ont pu circuler ces derniers jours dans le village et sur les réseaux sociaux (internet). On a dit que Michèle Martin était sur place depuis plusieurs jours avant sa libération, qu’elle serait passée par des souterrains, que j’avais le pouvoir d’empêcher sa venue, etc. Permettez-moi de rétablir quelques vérités à travers ces lignes partagées avec vous. Comme j’ai pu le dire à maintes reprises, à aucun moment, je n’ai eu de contact avec quelconque acteur de ce dossier judiciaire avant d’apprendre, par la presse, l’éventualité de la venue de M. Martin à Malonne. D’aucuns m’ont reproché d’avoir donné l’autorisation d’accueillir Mme Martin à Malonne. C’est totalement faux ! Je n’ai aucun pouvoir de décision à ce propos, puisqu’il s’agit d’un processus judiciaire dans lequel les responsables politiques ne peuvent en aucun cas intervenir (principe de la séparation des pouvoirs, pour garantir une justice indépendante). Un bourgmestre n’est pas au-dessus des lois. Un bourgmestre ne dispose pas d’instrument juridique lui permettant, le cas échéant, de s’opposer à la venue d’un libéré conditionnel sur son territoire, même à titre préventif, pour raison de potentiels troubles à l’ordre public.La France s’y est bien opposée, diront certains… C’est oublier qu’il s’agissait là  d’obtenir un accord d’un autre pays que le nôtre pour accueillir une détenue qui serait libérée par notre justice. Ici, pour Malonne, c’est la justice belge qui se prononce sur l’accueil d’un de ses ressortissants. Et un bourgmestre ne peut pas s’opposer à l’exécution d’une décision judiciaire. Au vu de la loi, seul le Procureur du Roi a la possibilité de saisir le tribunal d’application des peines (TAP) en vue de réviser, de suspendre ou encore de révoquer la mesure de liberté conditionnelle, notamment (…) « si le condamné met gravement en péril l’intégrité physique ou psychique de tiers ». Par ailleurs, mettre des restrictions additionnelles à sa liberté d’aller et venue, tel que lui interdire de sortir du couvent par exemple, reviendrait à ajouter des conditions supplémentaires à sa libération, ce qui serait tout simplement illégal puisque non décidé par le juge du TAP. Or lui seul peut définir ces restrictions de liberté, et en aucun cas le bourgmestre. Toutefois, pour le cas qui nous préoccupe, il est évident que M. Martin restera une longue période exclusivement au sein du monastère, ainsi que me l’ont encore confirmé les Sœurs. A ceux qui s’étonnent qu’un dispositif policier conséquent soit déployé, pensent-ils, pour la protection personnelle de Madame Martin, il est précisé que cette présence policière est surtout mobilisée pour garantir un maximum d’ordre public et pour circonscrire au mieux les éventuelles tentatives de débordements ou troubles, dans un quartier qui aspire à la tranquillité et la sécurité. La sécurité des Sœurs et des riverains, de même que la libre circulation de ceux-ci, motivent également ce dispositif préventif. L’encadrement des manifestations est aussi requis pour permettre le travail de la police (dont les renforts fédéraux sollicités) et l’intervention éventuelle des secours.

Ces mesures de police seront évidemment évaluées et adaptées en fonction de la réalité de terrain. Le dispositif policier sera levé aussitôt qu’il n’y aura plus de manifestations hostiles structurées ou annoncées. D’autre part, ce n’est pas la responsabilité de la police locale d’assurer la sécurité à l’intérieur du couvent, s’agissant d’une zone privée. Malonne traverse assurément une période chahutée. J’aspire de tous mes vœux à ce qu’elle soit la plus courte possible. Je suis conscient, pour le vivre comme vous en première ligne, des perturbations, questionnements ou indignations que cette situation peut générer chez nombre d’entre vous. Mais nous devons à présent conserver au maximum notre sang-froid.

Enfin, s’il y a des choses à changer, et il y en a sûrement, c’est du côté législatif qu’il faut chercher. Adressons-nous alors au Parlement à Bruxelles, pas au couvent à Malonne.

 

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Maxime Prévot

Bourgmestre

Commentaires

Merci pour cette publication! Depuis le début de cette affaire, personnellement j' étais bien consciente que notre bourgmestre était totalement impuissant face à cette dite affaire! Beaucoup de citoyens lui en voulaient tout comme au conseil communal!
Les citoyens mélangent tout et n' importe quoi!
Il faut rester juste et......sage!
Mettre le feu aux poudres ne provoquera que explosion!
Merci et excellente journée!

Écrit par : Kiki | 06/09/2012

C'est certain, il ne faut pas tout mélanger, c'est pourquoi depuis quelques jours nous sommes plusieurs personnes malonnoise à demander le calme autour du couvent, la violence amène la violence et cela ne sert à rien.
Depuis mon entrevue avec vous le jour de la réunion monsieur le bourgmestre j'ai bien compris que vous n'étiez pas responsable de cette situation et que vous aviez été mis devant le faite accompli tout comme nous.

Je pense que les marches qui se déroulent pour le moment ne sont en aucun cas organisées par des personnes de malonne et c'est ça qui m'inquiète un peu il est grand temps que malonne retrouve son calme et sa sérénité.

Merci pour cette publication

Écrit par : muriel | 06/09/2012

Et "Ma Couille", qu'est-ce qu'il en pense en tant que malonnois ???

Écrit par : Sa couille | 07/09/2012

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